Prochaine rencontre : les données électorales (2ème partie : les outils)

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Bonjour à tous,

Camembert (Nataraja, CC-BY-SA)

Le prochain atelier du collectif se déroulera le mercredi 30 mai, de 12h30 à 14h, à la Cantine Numérique. Il fait suite à celui du 15 mai où nous avons échangé autour des données électorales et de leurs possibles réutilisations (voir le compte-rendu).

Lors de cette seconde phase, passons au concret :

Quels outils utiliser pour visualiser des données ?

Mettre en forme du texte ou des nombres, créer des graphiques ou des cartes ? Des logiciels ou services en ligne simples, accessibles à tous, pour montrer et cartographier les données, vous seront présentés par des utilisateurs aguerris : ce sera le moment de mettre les mains dans le cambouis et d’être initiés au monde merveilleux de la dataviz. Vous pourrez également échanger autour de vos idées et projets.

Si vous souhaitez tester ces outils en direct, il est conseillé d’apporter votre ordinateur à cet atelier.

 


compte-rendu de l’atelier données électorales (première partie)

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Bonjour à tous,

Ce midi s’est tenue la 5ème rencontre du collectif, autour des résultats des élections à Rennes en open data.

Nous étions 11 autour de la table, dont beaucoup de nouvelles têtes. Journalisme, informatique, sociologie ou encore communication, les domaines d’activité et d’intérêt étaient divers.

Le but de l’atelier était d’échanger autour des données électorales ouvertes, d’imaginer des réutilisations, des comparaisons ou des croisement de données possibles; et de partager nos éventuels problèmes et questionnements.

Avant cette rencontre, certains rennais avaient déjà dépouillé et visualisé les données électorales : en effet, Julien Joly de Rennes1720 s’est intéressé aux électeurs du FN lors de la présidentielle de 2012 et 2007 tandis que je réalisais une visualisation des résultats du premier tour de la présidentielle 2012.

En un peu plus d’une heure, nous avons pu aborder divers sujets autour des données électorales.

Tout d’abord, qu’il a-t-il vraiment dans ces données ? Pour rappel, les résultats des élections à Rennes depuis 2004 sont disponibles au téléchargement sur la plateforme open data de Rennes Métropole. Les résultats détaillés par bureau de vote, lieu de vote, canton et circonscription s’y trouvent.

Visualisation du score du FN au premier tour de la présidentielle 2012, Julien Joly

Au fait, comment ça marche un découpage électoral ?

Les questions que nous nous sommes posées tournaient moins autour du fichier de données que du fonctionnement même de la composition électorale. On sait que les électeurs sont rattachés à un canton et à un lieu de vote par la localisation de leur domicile, mais ensuite, de quelle manière les électeurs sont répartis par bureaux de vote ? Nous n’avons pas trouvé la réponse et recherchons des sources qui pourraient nous la donner. La réflexion qui en découle est que si cette répartition est géographique, avoir à disposition ce découpage serait appréciable.

D’autre part, nous savons que les découpages électoraux, des circonscriptions aux bureaux de votes, changent régulièrement. D’une élection à une autre, les bureaux de vote et leur nombre d’inscrits sont donc modifiés. Nous avons donc ressenti le besoin de connaître l’historique des mouvements des découpages électoraux, afin de connaître la création de nouveaux bureaux, le nombre d’électeurs déplacés à l’intérieur, ce pour chaque changement, afin d’être plus précis dans les analyses des chiffres.

Résultats par canton de Rennes au premier tour de la présidentielle, Auregann, CC-BY

Avec quoi comparer ces données ?

A eux seuls, les résultats électoraux de Rennes constituent déjà un sujet d’analyse intéressant. Cependant, on en voit rapidement les limites et l’on s’interroge sur d’autres informations à croiser avec nos résultats.

Les résultats nationaux par commune ? Ils sont  disponibles sur data.gouv..fr (et une visualisation sous licence libre a été faite par Poulpy 1er et 2nd tour)

Des données sociologiques ? Il n’y a qu’à fouiller sur le site de l’INSEE, mais attention  à la licence et la possibilité  ou non de réutiliser ces données. D’autre part, nous nous sommes posées la question de l’échelle des statistiques de l’INSEE. Par commune, par IRIS ? Cela peut-il correspondre au découpage par canton des résultats électoraux ?

Quant aux archives météo, proposées par Simon pour savoir si le taux d’abstention dépendait de l’ensoleillement au jour de l’élection, on peut trouver des pistes de réflexion sur Météociel ou encore Wunderground.

visualisation du candidat majoritaire par commune, Poulpy, CC-BY

Bon, et comment on fait ?

Une fois que l’on a les idées et les données, reste à trouver les outils pour visualiser ces informations.

Florian nous a notamment présenté TileMill, logiciel assez simple de prise en main qui analyse et visualise pour vous des fichiers géographiques.

Mais la démonstration de ces outils de visualisation est l’objet de notre prochain atelier, qui aura lieu le mercredi 30 mai, à 12h30 à la Cantine Numérique ! Des data-visualiseurs vous présenteront leurs logiciels fétiches, leurs trucs et leurs méthodes pour visualiser facilement des données.

En attendant, n’hésitez pas à échanger sur la page wiki du projet données électorales : ajouter de nouvelles idées, des données à croiser, celles qu’on a, celles qu’on a pas…

Si vous préférez, vous pouvez aussi tout simplement laisser un commentaire au dessous de ce billet de blog si vous avez une réflexion, question, opinion. Vous pouvez également nous contacter à tout moment sur opendatarennes [at] gmail [pt] com ou sur Twitter @opendatarennes.

Et sinon, quel thème vous plairait pour la dernière rencontre (18 juin) avant la trêve estivale ?

A bientôt !

Léa / Auregann


Partager ne veut pas dire ouvrir

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Suite à plusieurs rencontres, faites aussi bien au sein du collectif ou d’autres engagements personnels ou professionnels, je rencontre, lis ou entend régulièrement des personnes intéressées par le partage de données ou de contenus en ligne, en particulier dans le milieu muséal ou patrimonial. Certains sont encore sceptiques quant aux avantages, craignant, qui pour son image, qui pour ses euros : pour une fois, ce billet ne les concerne (presque) pas. D’autres ont franchi le pas et se sont décidés à ouvrir leurs données, à les émanciper, à les rendre « libres ». Chouette !

« On a tout mis sous licence Creative Commons »

Il y a encore peu de temps, j’étais heureux d’entendre cela. Je le suis toujours, mais je souris moins. Saluons en premier lieu l’application d’une licence permettant de s’affranchir d’un certain nombre de démarches avant de permettre une réutilisation : c’est déjà un premier pas, qui facilite bien des usages et permet de partager. Je souris moins, car toutes les licences Creative Commons (CC) ne sont pas libres.

Les CC sont une grande famille : on peut autoriser ou interdire de nombreuses choses, la citation de l’auteur étant néanmoins obligatoire (en application du droit français et de la plupart des systèmes existants). Il est donc possible :
* d’interdire la réutilisation commerciale ;
* d’interdire la modification ;
* de forcer l’application de la licence à l’identique aux travaux dérivés.

L’ouverture, dans le sens où on l’entend pour l’open-data et l’open-content, impose de ne pas mettre en place de restrictions. Les données et les contenus doivent donc être libres, impliquant la possibilité d’en faire commerce, de les modifier et d’en faire ce qu’on veut, à la condition indéfectible de citer l’auteur. Interdire de faire quelque chose est donc incompatible avec l’étiquette open-data (quelques exemples).

L’usage d’une licence CC n’est donc pas systématiquement synonyme de partage libre, mais permet au moins une réutilisation simplifiée. C’est déjà un début, mais cela pourrait être mieux.

« On a tout mis sur Dailymotion »

Autre phrase entendue, qui représente également un effort : il est possible de consulter librement le média, et même de le placer sur son propre site. Cependant, le fait de publier sur Flickr, Dailymotion, Youtube, Vimeo et consorts est une option de partage, pas d’ouverture. En réalité, que peut faire l’utilisateur ? Cette simple question est déjà floue : ces plateformes proposent toutes des systèmes d’intégration, mais rarement des explications claires quant à l’usage qui peut être fait du contenu.

Une fois de plus, partager n’est pas ouvrir : que peut faire l’internaute de la vidéo ou des photos présentées ? Cela s’étend aux flux RSS ou aux calendriers exportables, que de nombreux sites culturels proposent pour leurs visiteurs. L’usage dans un cercle privé est bien entendu l’utilisation attendue de ces éléments, mais un blog, ou une page Facebook grande ouverte n’entrent pas dans ces cas.

L’expérience nous prouve que l’usage tend à s’affranchir des lois, fussent-elles justes ou stupides. N’importe qui reprend n’importe quoi et s’en sert pour recréer autre chose, sous une autre forme. Regardez les sites de partage de vidéos, qui regorgent de dérivés réussis (et aussi de beaucoup de râtés, certes). Concernant un contenu, l’intérêt n’est-il pas de le faire connaître et d’inciter à reprendre pour aller de l’avant ?

L’étape suivante

Le grand public commence à être sensible aux licences et aux droits de réutilisation. Quand c’est marqué clairement, il commence à savoir quoi faire : « on ne touche pas à du © » et « on peut avoir un truc à insérer automatiquement », puis « on peut prendre du CC », voire pour les plus avancés « on ne modifie pas du CC-by-nd » (pas de dérivés). Il est vraiment important d’accompagner ces personnes, en rendant plus visibles ces nouveaux usages : c’est là aussi une mission de diffusion.

Il ne faut pas hésiter à aller au delà du simple partage. Plus que de suivre une mode, l’ouverture vous amènera un regard différent, avec des personnes sincèrement intéressées par vos missions, qui vous aideront à mettre en valeur et à faire connaître vos collections, vos médiations, vos productions. De plus en étant novateur, vous entrerez dans le cercle des prescripteurs. Si vous aviez l’impression de faire déjà beaucoup, et d’en avoir autant en retour, essayez l’étape suivante : licences libres, formats ouverts et ouverture à la communauté. Vous n’aurez que de bonnes surprises !